Les diverses formes de diabète et comment les gérer
Rédaction : Anne-Christine DUSS, Nutritionniste
Le diabète est une maladie chronique qui concerne aujourd’hui des centaines de millions de personnes dans le monde. Pourtant, derrière le mot « diabète » se cachent plusieurs maladies différentes, dont les mécanismes, les causes, l’évolution et les traitements ne sont pas identiques.
Les deux formes les plus connues sont le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Le premier est principalement lié à une réaction auto-immune qui détruit les cellules du pancréas responsables de la production d’insuline. Le second résulte généralement d’une combinaison de résistance à l’insuline, de facteurs génétiques et environnementaux, puis d’une diminution progressive de la capacité du pancréas à produire suffisamment d’insuline.
Cette distinction est essentielle, car une idée reçue très répandue consiste à penser que le diabète est toujours la conséquence d’une mauvaise alimentation ou d’un manque d’activité physique. C’est faux. Une personne peut développer un diabète de type 1 sans avoir commis la moindre erreur de mode de vie, et le diabète de type 2 lui-même ne peut pas être expliqué uniquement par le poids ou l’alimentation. Les facteurs génétiques, l’âge, l’environnement, certains médicaments, certaines maladies et de nombreux autres éléments peuvent intervenir.
Le diabète ne signifie pas non plus que la vie doit nécessairement devenir une succession de privations. Avec un accompagnement médical adapté, une bonne connaissance de la maladie, un traitement approprié et un suivi régulier, de nombreuses personnes diabétiques peuvent vivre longtemps, travailler, voyager, faire du sport, avoir des enfants et mener une vie riche et active.
Une autre question revient souvent : peut-on guérir du diabète ?
La réponse dépend du type de diabète et de ce que l’on entend par « guérison ». Le diabète de type 1 ne peut actuellement pas être guéri de façon définitive par les traitements courants : les personnes concernées ont besoin d’insuline pour vivre. Le diabète de type 2, en revanche, peut parfois entrer en rémission, c’est-à-dire que la glycémie revient à des valeurs non diabétiques sans traitement ou avec un traitement minimal pendant une certaine période. Cette situation ne signifie pas nécessairement que la maladie a définitivement disparu : le diabète peut réapparaître.
Il est donc plus juste de parler, selon les situations, de contrôle, de rémission ou de guérison, plutôt que de chercher une réponse unique pour tous.
Qu’est-ce que le diabète ?
Pour comprendre les différents types de diabète, il faut d’abord comprendre le rôle du glucose et de l’insuline.
Le glucose, souvent appelé simplement « sucre », constitue une source d’énergie essentielle pour l’organisme. Une partie provient des aliments que nous mangeons, notamment des glucides. Après la digestion, le glucose passe dans le sang. Pour que ce glucose puisse entrer dans de nombreuses cellules et être utilisé comme énergie, l’organisme utilise une hormone appelée insuline. Cette hormone est produite par les cellules bêta situées dans le pancréas.
On peut comparer l’insuline à une sorte de « clé » qui permet au glucose d’entrer dans les cellules. Lorsque le système fonctionne normalement, la glycémie – c’est-à-dire la concentration de glucose dans le sang – reste dans une zone relativement stable. Dans le diabète, ce mécanisme est perturbé.
Soit le pancréas ne produit plus suffisamment d’insuline, soit l’organisme ne répond plus correctement à cette hormone, soit les deux phénomènes se produisent simultanément. Le glucose reste alors en quantité excessive dans le sang : c’est l’hyperglycémie.
À long terme, une hyperglycémie persistante peut endommager progressivement les vaisseaux sanguins et les nerfs. Elle peut notamment augmenter le risque de complications cardiovasculaires, rénales, oculaires et neurologiques. Le diabète peut également favoriser certaines complications au niveau des pieds.
La bonne nouvelle est que ces complications peuvent souvent être prévenues, retardées ou limitées grâce à une prise en charge adaptée.
Le diabète de type 1 : une maladie auto-immune
Qu’est-ce que le diabète de type 1 ?
Le diabète de type 1 est une maladie dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur les cellules bêta du pancréas, celles qui produisent l’insuline. Cette destruction est généralement liée à une réaction auto-immune. Progressivement, la production d’insuline devient très faible, voire pratiquement nulle. Le corps ne peut alors plus réguler correctement le glucose sanguin.
Contrairement à une idée reçue, le diabète de type 1 n’est pas causé par le fait de manger trop de sucre. Il n’est pas non plus simplement la conséquence d’un surpoids ou d’un manque d’activité physique. Il peut apparaître chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte. Le diabète de type 1 n’est donc pas exclusivement une maladie de l’enfance. Les recommandations actuelles soulignent d’ailleurs que le type 1 et le type 2 peuvent tous deux apparaître à différents âges de la vie.
Pourquoi le diabète de type 1 apparaît-il ?
La cause exacte du déclenchement de la réaction auto-immune n’est pas encore entièrement comprise. Les chercheurs pensent qu’il s’agit probablement d’une interaction complexe entre :
- une prédisposition génétique ;
- des facteurs liés au système immunitaire ;
- certains facteurs environnementaux ;
- probablement plusieurs éléments déclencheurs encore imparfaitement identifiés.
Avoir un membre de la famille atteint de diabète de type 1 peut augmenter le risque, mais la majorité des personnes qui développent la maladie n’ont pas nécessairement un parent proche atteint. Il est donc important de comprendre qu’il n’existe généralement pas de comportement individuel simple permettant d’expliquer pourquoi une personne a développé un diabète de type 1.
L’OMS indique qu’à ce jour, la cause précise du diabète de type 1 reste inconnue et qu’il n’existe pas de moyen établi permettant de prévenir son apparition dans la population générale.
Quels sont les symptômes ?
Le diabète de type 1 peut apparaître assez rapidement. Les symptômes classiques comprennent notamment :
- une soif importante ;
- des urines fréquentes et abondantes ;
- une fatigue inhabituelle ;
- une perte de poids involontaire ;
- une faim accrue dans certains cas ;
- une vision floue ;
- une faiblesse générale.
Chez certains enfants ou adolescents, le diagnostic peut être posé à l’occasion d’une complication aiguë appelée acidocétose diabétique (ACD). Cette complication survient lorsque le manque d’insuline est suffisamment important pour que l’organisme commence à produire de grandes quantités de corps cétoniques. L’acidocétose constitue une urgence médicale. Des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, une respiration anormalement profonde ou rapide, une grande fatigue ou une altération de la conscience peuvent notamment être des signes d’alerte.
Une personne présentant de tels symptômes doit recevoir rapidement une évaluation médicale.
Le traitement du diabète de type 1
Le traitement repose sur un élément indispensable : l’insuline. Comme le pancréas ne produit plus suffisamment d’insuline, celle-ci doit être apportée de l’extérieur.
L’insuline peut être administrée :
- par injections multiples quotidiennes ;
- au moyen d’une pompe à insuline ;
- avec des systèmes automatisés associant pompe et mesure continue du glucose dans certaines situations.
Les recommandations actuelles privilégient une approche individualisée. Pour de nombreux adultes atteints de diabète de type 1, l’insulinothérapie intensive par injections multiples ou pompe constitue le traitement de base. Les systèmes automatisés d’administration d’insuline peuvent également améliorer le contrôle glycémique et réduire le risque d’hypoglycémie chez les personnes pouvant les utiliser correctement.
Le traitement ne consiste cependant pas seulement à « prendre de l’insuline ». La personne doit également apprendre à comprendre les effets :
- des repas ;
- des glucides ;
- de l’activité physique ;
- du stress ;
- des infections ;
- des hormones ;
- du sommeil ;
- de certains médicaments.
La gestion du diabète de type 1 est donc une véritable compétence qui s’acquiert progressivement. Au début, cela peut sembler très difficile. Avec le temps, de nombreuses personnes développent des habitudes qui rendent la gestion quotidienne plus naturelle.
Peut-on guérir du diabète de type 1 ?
À l’heure actuelle, il n’existe pas de guérison définitive courante du diabète de type 1.
La destruction des cellules productrices d’insuline est généralement permanente. Les traitements permettent cependant de remplacer l’insuline manquante et de contrôler efficacement la glycémie. La recherche avance dans plusieurs domaines :
- transplantation de cellules productrices d’insuline ;
- transplantation du pancréas dans certaines situations ;
- cellules productrices d’insuline dérivées de cellules souches ;
- systèmes automatisés d’administration d’insuline ;
- immunothérapies ;
- traitements visant à préserver ou restaurer la fonction des cellules bêta.
Ces approches sont prometteuses, mais elles ne constituent pas encore une guérison simple et accessible à toutes les personnes atteintes de diabète de type 1. Un traitement immunomodulateur, le teplizumab, peut être utilisé dans certaines situations précises chez des personnes présentant un diabète de type 1 à un stade préclinique, afin de retarder la progression vers le stade clinique. Cela ne constitue toutefois pas une guérison du diabète de type 1 établi. Les recommandations 2026 incluent désormais explicitement cette possibilité dans la prise en charge des personnes présentant certains marqueurs auto-immuns.
Le diabète de type 2 : une maladie complexe et multifactorielle
Le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente de diabète. Selon l’OMS, il représente plus de 95 % des cas de diabète. Il est généralement lié à deux phénomènes qui se combinent à des degrés variables.
Le premier est appelé résistance à l’insuline.
- Les cellules de l’organisme répondent moins efficacement à l’insuline.
- Le pancréas tente alors de compenser en produisant davantage d’insuline (1e phénomène).
- Pendant un certain temps, cette compensation peut suffire.
- Mais progressivement, chez certaines personnes, les cellules bêta du pancréas perdent une partie de leur capacité à produire suffisamment d’insuline (2e phénomène).
- La glycémie commence alors à augmenter.
- Le diabète de type 2 apparaît.
Les recommandations médicales actuelles décrivent le type 2 comme une perte progressive de la capacité des cellules bêta à produire suffisamment d’insuline, souvent sur un terrain de résistance à l’insuline.
Quelles sont les causes du diabète de type 2 ?
Il n’existe pas une seule cause du diabète de type 2. Il s’agit plutôt d’une maladie multifactorielle.
Plusieurs éléments peuvent augmenter le risque.
- La génétique : La prédisposition familiale joue un rôle important. Une personne ayant des parents proches atteints de diabète de type 2 peut présenter un risque supérieur. Cela ne signifie toutefois pas que le diabète est inévitable. La génétique crée une prédisposition, mais d’autres facteurs interviennent.
- Le surpoids et l’obésité : Le surpoids, notamment lorsqu’il s’accompagne d’une accumulation importante de graisse abdominale, peut favoriser la résistance à l’insuline. Cependant, il est essentiel d’éviter une simplification excessive. Toutes les personnes en surpoids ne développent pas de diabète de type 2. Et inversement, certaines personnes de poids normal peuvent développer la maladie. Le poids est donc un facteur de risque parmi d’autres, et non une explication universelle.
- La sédentarité : Le manque d’activité physique régulière peut favoriser la résistance à l’insuline. À l’inverse, l’activité physique améliore généralement la sensibilité des muscles à l’insuline. L’exercice ne doit toutefois pas être considéré comme une « punition » pour les personnes diabétiques. Il s’agit d’un outil thérapeutique et de santé globale.
- L’âge : Le risque de diabète de type 2 augmente avec l’âge, mais la maladie peut également toucher des adultes jeunes et des enfants. L’augmentation du diabète de type 2 chez les populations plus jeunes est aujourd’hui une préoccupation importante.
- L’alimentation et l’environnement : Une alimentation déséquilibrée, particulièrement lorsqu’elle est associée à une consommation excessive de produits très transformés, de boissons sucrées et à un apport énergétique durablement supérieur aux besoins de l’organisme, peut contribuer au risque. Cependant, dire qu’un aliment ou qu’une seule habitude « cause » le diabète serait une simplification.
- Le sommeil et le stress : Le sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité, certains troubles du sommeil et le stress chronique peuvent également influencer le métabolisme et le contrôle de la glycémie. Ils ne constituent généralement pas, à eux seuls, une cause directe du diabète, mais peuvent participer à un ensemble de facteurs favorisant son apparition ou compliquant sa gestion.
- Certains médicaments et certaines maladies : Certains traitements médicamenteux, notamment les glucocorticoïdes dans certaines circonstances, peuvent favoriser une élévation de la glycémie.
- D’autres formes de diabète peuvent également être liées à des maladies du pancréas, à certaines anomalies génétiques ou à d’autres causes spécifiques.
Le diabète de type 2 résulte généralement d’une combinaison de divers facteurs. C’est pourquoi un diagnostic précis est important.
Peut-on prévenir le diabète de type 2 ?
Dans de nombreux cas, il est possible de réduire considérablement le risque de diabète de type 2 ou d’en retarder l’apparition. Les mesures utiles comprennent notamment :
- une alimentation équilibrée ;
- une activité physique régulière ;
- la limitation des boissons sucrées ;
- le maintien, lorsque cela est possible, d’un poids favorable à la santé ;
- l’arrêt du tabac ;
- un sommeil suffisant ;
- le dépistage des personnes à risque.
L’OMS souligne notamment l’importance d’une alimentation saine, de l’activité physique, d’un poids approprié et de l’absence de tabagisme pour prévenir ou retarder le diabète de type 2. Mais il faut insister sur un point : prévenir n’est pas garantir.
Une personne peut avoir une hygiène de vie excellente et malgré tout développer un diabète de type 2 en raison de facteurs génétiques ou biologiques importants. Il faut donc éviter de culpabiliser les patients.
Comment traite-t-on le diabète de type 2 ?
Le traitement est individualisé. Il peut comprendre plusieurs éléments.
L’alimentation : L’objectif n’est pas nécessairement de suivre un régime extrêmement restrictif. Il s’agit plutôt de construire une alimentation durable et compatible avec la vie quotidienne.
On peut notamment privilégier :
- les légumes ;
- les aliments riches en fibres ;
- les légumineuses ;
- les céréales complètes selon les besoins énergétiques ;
- les sources de protéines adaptées ;
- les matières grasses de bonne qualité.
La quantité et la qualité des glucides doivent être adaptées à chaque personne. Un diabétique n’est pas nécessairement obligé de supprimer tous les glucides. L’objectif est d’apprendre à gérer son alimentation de manière équilibrée.
L’activité physique : L’activité physique est un élément majeur de la prise en charge. La marche, le vélo, la natation, la course, la musculation ou d’autres activités peuvent être adaptées selon l’âge, l’état de santé et les préférences de chacun. Le plus important est souvent de trouver une activité que l’on peut pratiquer régulièrement. Même une augmentation progressive de l’activité quotidienne peut être bénéfique.
Les médicaments : Selon la situation, le médecin peut prescrire différents traitements.
Le choix dépend notamment :
- du niveau de glycémie ;
- de l’ancienneté du diabète ;
- de la fonction rénale ;
- du poids ;
- du risque cardiovasculaire ;
- de la présence d’une maladie cardiaque ;
- de la présence d’une maladie rénale.
Les traitements du diabète de type 2 ont considérablement évolué. Outre la metformine, qui reste utilisée dans de nombreuses situations, il existe aujourd’hui plusieurs familles de médicaments, notamment les agonistes du GLP-1 et les inhibiteurs de SGLT2, dont certains présentent des bénéfices cardiovasculaires ou rénaux chez des patients présentant des risques spécifiques. Les recommandations 2026 de l’American Diabetes Association insistent notamment sur le fait que le choix du traitement doit tenir compte non seulement de la glycémie, mais aussi des maladies cardiovasculaires, de l’insuffisance cardiaque, des maladies rénales, du poids et des autres caractéristiques individuelles.
Dans certaines situations, l’insuline peut également être nécessaire : recevoir de l’insuline ne signifie pas forcément que la personne a « échoué ». Le diabète de type 2 peut évoluer au fil des années et la capacité du pancréas à produire de l’insuline peut diminuer. L’insuline est alors simplement un traitement médical adapté à la situation.
Peut-on guérir du diabète de type 2 ?
La réponse est plus nuancée.
Certaines personnes atteintes de diabète de type 2 peuvent atteindre une rémission. La rémission correspond à une situation dans laquelle la glycémie revient dans une zone non diabétique pendant une période donnée, sans avoir besoin de certains traitements ou avec une réduction importante du traitement.
Cette situation peut survenir notamment après :
- une perte de poids importante chez certaines personnes ;
- des changements alimentaires durables ;
- une activité physique accrue ;
- une prise en charge précoce et intensive.
Mais la rémission n’est pas synonyme de guérison définitive. Une personne ayant obtenu une rémission reste susceptible de voir son diabète réapparaître, notamment en cas de reprise de poids ou d’évolution progressive de la fonction du pancréas. Il est donc préférable de considérer la rémission comme une période de contrôle métabolique sans diabète apparent, nécessitant malgré tout une surveillance. Cela représente néanmoins une avancée extrêmement importante.
Pour certaines personnes, une rémission peut permettre d’éviter ou réduire les médicaments et d’améliorer considérablement la santé globale.
Le rôle essentiel de la perte de poids dans certains diabètes de type 2
Chez certaines personnes présentant un diabète de type 2 associé à un surpoids ou une obésité, une perte de poids importante peut améliorer fortement la glycémie. Dans certains cas, elle peut même conduire à une rémission. Mais cette approche doit être individualisée.
Il ne faut pas considérer que toutes les personnes diabétiques doivent obligatoirement perdre du poids. Le poids idéal n’est pas le même pour tout le monde. Une personne peut également améliorer considérablement sa santé sans atteindre un poids considéré comme « normal ».
L’objectif doit être défini avec les professionnels de santé. Il faut également éviter les régimes extrêmes et les promesses commerciales de « guérison naturelle ». Un régime très restrictif peut entraîner des carences, une perte musculaire, des troubles alimentaires ou une reprise de poids.
La meilleure stratégie est généralement celle qui peut être maintenue à long terme.
Comment bien vivre avec le diabète au quotidien ?
Le diabète est une maladie médicale, mais sa gestion est aussi profondément humaine.
Une personne diabétique peut ressentir :
- de la peur ;
- de la colère ;
- de la culpabilité ;
- de la fatigue ;
- un sentiment d’injustice ;
- une anxiété liée aux hypoglycémies ;
- une lassitude face aux contrôles et aux traitements.
Ces réactions sont compréhensibles. La gestion quotidienne du diabète peut représenter une charge mentale importante. C’est pourquoi la prise en charge moderne ne doit pas se limiter à la glycémie. Elle doit également prendre en compte la santé psychologique, la qualité de vie, les difficultés sociales et les préférences de la personne.
Les recommandations actuelles mettent en avant une approche centrée sur la personne, la décision partagée et l’intégration de différents professionnels dans l’équipe de soins lorsque cela est nécessaire.
La surveillance de la glycémie
La surveillance dépend du type de diabète et du traitement.
Certaines personnes utilisent :
- un lecteur de glycémie classique ;
- un système de mesure continue du glucose ;
- un capteur permettant de suivre les variations de glucose ;
- une pompe à insuline ;
- un système automatisé combinant plusieurs technologies.
La mesure continue du glucose a profondément transformé la prise en charge de nombreuses personnes diabétiques. Elle permet de mieux observer les variations de glycémie et d’identifier les périodes d’hyperglycémie ou d’hypoglycémie. Cependant, la technologie ne remplace pas l’éducation thérapeutique.
Un capteur fournit des informations, mais le patient doit apprendre à les interpréter avec l’aide de son équipe médicale.
Les complications du diabète : pourquoi le suivi est indispensable
Un diabète mal contrôlé pendant de nombreuses années peut augmenter le risque de complications. Les principales concernent :
Le cœur et les vaisseaux sanguins : Le diabète est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires. La prise en charge doit donc également surveiller :
- la pression artérielle ;
- le cholestérol ;
- le tabagisme ;
- le poids ;
- l’activité physique.
Les reins : Les reins peuvent être progressivement atteints. Des analyses régulières permettent de détecter précocement les signes d’atteinte rénale.
Les yeux : La rétinopathie diabétique peut endommager la rétine. Un suivi ophtalmologique adapté permet de détecter les anomalies avant qu’elles ne provoquent une perte importante de vision.
Les nerfs : La neuropathie diabétique peut provoquer :
- des fourmillements ;
- des douleurs ;
- une perte de sensibilité ;
- une sensation de brûlure.
Les pieds : Une diminution de la sensibilité associée à une mauvaise circulation peut favoriser l’apparition de blessures qui passent inaperçues. Le soin des pieds est donc particulièrement important. Une petite plaie doit être surveillée sérieusement, surtout lorsqu’elle cicatrise mal. Les recommandations médicales accordent une place importante au dépistage régulier des complications oculaires, rénales, neurologiques et podologiques.
L’hypoglycémie : un risque à connaître
L’hypoglycémie correspond à une glycémie trop basse. Elle peut notamment survenir chez les personnes traitées par insuline et avec certains médicaments. Les symptômes peuvent comprendre :
- tremblements ;
- sueurs ;
- faim ;
- palpitations ;
- irritabilité ;
- difficulté à réfléchir ;
- confusion ;
- somnolence.
Une hypoglycémie sévère peut entraîner une perte de connaissance ou des convulsions. Chaque personne traitée par insuline devrait apprendre à reconnaître les signes d’hypoglycémie et savoir comment réagir. Les proches peuvent également être formés, notamment lorsque le risque d’hypoglycémie sévère est important.
À retenir en quelques points
- Le diabète de type 1 et le diabète de type 2 ne sont pas la même maladie.
- Le diabète de type 1 est principalement lié à une destruction auto-immune des cellules productrices d’insuline.
- Le diabète de type 1 n’est pas causé par une consommation excessive de sucre.
- Le diabète de type 2 est une maladie multifactorielle, associant souvent résistance à l’insuline et diminution progressive de la fonction du pancréas.
- Certaines personnes atteintes de type 2 peuvent atteindre une rémission.
Références :
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→ Référence majeure pour le diagnostic, la prise en charge du diabète de type 1 et 2, les technologies du diabète, les traitements et les complications. - World Health Organization (WHO). Diabetes.
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→ Référence importante pour le traitement individualisé du diabète de type 2 et le choix des médicaments selon les risques cardiovasculaires, rénaux et métaboliques. - Holt, R. I. G., et al. (2021). The management of type 1 diabetes in adults. A consensus report by the ADA and the EASD. Diabetes Care, 44(11), 2589–2625.
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→ Revue scientifique de référence sur les mécanismes, la génétique, l’auto-immunité et l’évolution du diabète de type 1. - Davies, M. J., et al. (2021). Management of hyperglycaemia in type 2 diabetes, 2022. Diabetologia, 65, 1925–1966.
→ Recommandations conjointes ADA/EASD concernant la prise en charge du diabète de type 2. - Lean, M. E. J., et al. (2018). Primary care-led weight management for remission of type 2 diabetes (DiRECT): an open-label, cluster-randomised trial. The Lancet, 391(10120), 541–551.
→ Étude majeure sur la perte de poids et la possibilité de rémission du diabète de type 2. - Taylor, R., Al-Mrabeh, A., & Sattar, N. (2019). Understanding the mechanisms of reversal of type 2 diabetes. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 7(9), 726–736.
→ Référence utile pour expliquer les mécanismes associés à la rémission du diabète de type 2 après une perte de poids. - Herold, K. C., et al. (2019). An Anti-CD3 Antibody, Teplizumab, in Relatives at Risk for Type 1 Diabetes. New England Journal of Medicine, 381, 603–613.
→ Étude importante concernant le teplizumab et le retardement de l’apparition clinique du diabète de type 1 chez certaines personnes à haut risque. - Nathan, D. M., et al. (2005). Intensive diabetes treatment and cardiovascular disease in patients with type 1 diabetes. New England Journal of Medicine, 353, 2643–2653.
→ Référence historique sur le contrôle glycémique intensif et les complications du diabète de type 1.